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Actualités

11 novembre : le souvenir pour la paix

Le maire

La commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918 a été célébrée à Bezons. Retrouvez l'intégralité du discours prononcé par le maire, Dominique Lesparre, à cette occasion.

Mesdames et Messieurs les élus(es),
Mesdames et Messieurs les anciens combattants, porte-drapeaux et responsables d’associations,
Mesdames, Messieurs,
Chers(es) amis(es),

Dans la longue et cruelle chronologie de la première guerre mondiale, dont nous commémorons, aujourd’hui, le 99e anniversaire de l’Armistice, l’année 1917 marque un important bouleversement pour au moins trois raisons :

La première tient à l’entrée en guerre des Etats-Unis qui donne, d’un coup au conflit, sa pleine dimension mondiale.

53 000 soldats américains n’en reviendront pas.

La deuxième raison, intimement liée à la première, s’écrit en rouge, la couleur du drapeau de la révolution russe qui met un terme au tsarisme en février et conduit les bolcheviks au pouvoir en octobre, emmenés par Lénine et Trotsky.

Les soldats russes, gagnés par les idées pacifistes des leaders de la Révolution, quitteront le front alors que les pertes dans leurs rangs s’élèvent déjà à un million huit cent mille morts.

Le commandement militaire français s’inquiètera de la possible contagion des idées pacifistes des Bolcheviks sur les soldats français, dont bon nombre sont déjà en rébellion larvée.

C’est ainsi qu’il décide d’isoler 16 000 soldats et officiers russes au camp de La Courtine, dans la Creuse, en juillet 1917.

Des centaines d’entre eux seront assassinés. Pendant longtemps, les autorités françaises tiendront secret cet acte odieux.

Enfin, troisième raison, après trois ans de guerre, de massacres ordonnés par des dirigeants politiques, des industriels qui font commerce de la guerre et des généraux tout aussi malfaisants qu’incompétents, (tous ces planqués de l’arrière !!!), le découragement des poilus cultive la haine de la guerre et la fraternité entre les peuples.

Nous sommes en 1917 et il est loin l’espoir d’une guerre courte qui devait s’achever pour Noël 1914.

Plus de six millions d’hommes des deux camps, et notamment français, anglais, russes, italiens et allemands sont déjà morts.

« L’avenir est dans les mains des esclaves, et on voit bien que le vieux monde sera changé par l’alliance que bâtiront un jour entre eux ceux dont le nombre et la misère sont infinis. »
C’est par cette note d’espoir, que se conclut le livre d’Henri Barbusse, « le Feu » qui fut, dès 1915, un brûlot contre la guerre, son absurdité, son horreur totale.

Cependant, les mots du prix Goncourt en 1916, ne furent pas suffisants pour stopper la grande « faucheuse » qui allait broyer dix millions d’êtres humains, blesser et mutiler à vie 25 millions d’autres.

Henri Barbusse parlait ainsi de ses frères de tranchées : « Ce ne sont pas des soldats, ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine. Ce sont des laboureurs et des ouvriers, des civils déracinés… »

Des ouvriers et paysans pourtant sensibles au cri de Jean Jaurès avant que la guerre n’éclate.

Tout comme Guy de Maupassant qui rappelait que : « Si les peuples se servaient de leurs armes contre ceux qui les ont armés, la guerre serait morte »…

De tout temps et plus aujourd’hui qu’hier, faire triompher la Paix exige cet impérieux façonnage des consciences, dans lequel les pacifistes puisent leur raison d’être en vue de construire d’autres possibles.

Gardons-nous de la vision simpliste selon laquelle le peuple de France unanime considérait le 1er grand conflit mondial comme étant un combat patriote.

Les « fusillés pour l’exemple » en sont la parfaite illustration.

Chacune, chacun notera d’ailleurs qu’un siècle plus tard, leur réhabilitation n’est toujours pas prononcée officiellement et individuellement, alors que fleurissent, en revanche, les admirateurs de Clémenceau et que perdurent ceux de Pétain.

A Clemenceau, Joffre ou Foch, nous préférons Jaurès. Nous préférons ces fantassins qui levèrent leur crosse en l’air, en 1917, sur le plateau de Vimy ou le chemin des Dames.

Parmi le million et demi de Français disparus, 263 Bezonnais trouveront la mort durant ce conflit.

Louis Jaurès, fils du député pacifiste assassiné, sera de ceux-là en cette année 1917, sur le front du Chemin des Dames. Il avait 19 ans !

Sans nul doute la « chanson de Craonne » que nous allons entendre dans quelques instants sera-t-elle la plus proche de la réalité des tranchées et du ressentiment des poilus.

Bien plus que les ritournelles de « fleur au fusil » et de Français heureux de se sacrifier pour l’Alsace et la Lorraine !

On ne connaît pas les auteurs des paroles de cette saisissante chanson qui restera - et pour cause ! - interdite de radio et de télévision jusque dans les années 1970.

Malheureusement, presque un siècle plus tard, les leçons profondes du 1er conflit mondial ne sont pas encore tirées, les puissants préférant les plonger dans l’oubli, parmi les millions de bombes et de cadavres qui ont nourri ses terres meurtries.
Car enfin ! En quoi les champs du Nord de la France sont-ils différents de ceux de Syrie ou des oliviers de Palestine ?

Plus de 15 000 armes de destruction massive sont emmagasinées sur la surface du globe sous prétexte que l’arme nucléaire préserve la Paix en intimidant l’ennemi potentiel.

Voilà qui peut inquiéter, quand certaines nations sont entre les mains de tristes sires : les Trump, Kim Jong Un ou encore Poutine, pour ne citer qu’eux…

Oui, il convient d’enterrer cette réalité effroyable et désarmer.

Oui, il convient d’éradiquer toutes les armes nucléaires, chimiques, technologiques et biologiques.

Le monde aujourd'hui est en proie aux guerres et aux destructions.

La liste des peuples en souffrance, est édifiante : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Angola, Ukraine, Yémen, Palestine…

Et je n’oublie pas les peuples des plus grandes nations qui, comme le nôtre, souffrent des choix de gestion de leurs dirigeants…

Pour ne citer que la France, nous devons mesurer ce que représentent les sommes engagées dans le doublement des crédits de l’arme atomique et l’augmentation de 31 milliards à 42 milliards d’euros du budget annuel de la Défense à l’horizon 2020.

Combien d’écoles, d’hôpitaux pourrions-nous bâtir, combien de nouvelles avancées sociales pourrions-nous établir avec de telles sommes ?

Certes, les situations de ces pays cités sont bien différentes les unes des autres, mais il existe à chaque fois un point commun.

Un point commun que fustigeait Jaurès : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! »
Aujourd’hui comme hier, aucune de ces guerres engagées par les grands Etats ne se fait pour le bien des peuples, leur droit au développement, à la liberté et à la prospérité.
Leurs seules visées : les dominations économiques et politiques.

Mesdames, Messieurs, chers amis, la Paix est la seule solution au devenir de l’Humanité et de la planète.

Il nous revient de LA proclamer dans une multitude de messages.

Ce 11 novembre en est un. C’est cela réellement se souvenir. C’est cela rendre hommage aux victimes civiles et militaires de 14-18.

Je vous remercie.