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Dernier hommage à Jackie Chérin

Le lundi 20 novembre 2017

Le maire

Beaucoup de Bezonnais, d'amis et de gens de culture sont venus à l'hôtel de ville le 27 juin rendre un dernier hommage à l'ancien élu et initiateur de Ciné Poème.

Comme le maire, Dominique Lesparre, ils ont été nombreux à venir à l'hôtel de ville le 27 juin, pour rendre un dernier hommage à l'ancien conseiller municipal délégué à la culture, Jackie Chérin, et à témoigner leur affection à sa femme Monique et à sa fille Anne.

Voici les mots prononcés par le maire:

"Chère Monique, chère Anne, Chers amis et camarades, Mesdames, Messieurs,

Jackie CHERIN s’en est allé, terrassé par la maladie. Il avait 74 ans.

Face à notre immense peine, nous gardons le bonheur de l’avoir connu et d’avoir œuvré ensemble en faveur de la justice sociale et de la liberté de création. Jackie n’était pas comme nombre de ces politiques qui parlent vrai et agissent faux. Il rêvait la vie, aspirait à transformer le monde et à rapprocher les Hommes.

Profondément communiste, élu municipal et militant associatif, il était de ces femmes et de ces hommes qui ont eu le courage de se battre pour que la culture ne soit pas réservée qu'à un certain milieu.

Jackie n’a jamais dévié d’un pouce de ses convictions. Profondément attaché à la Paix et à l’amitié entre les peuples, il en épousait les grandes causes autour de Mandela et du peuple palestinien, notamment.

Acteur inlassable de la culture et de l’éducation populaire, il avait une certaine idée de la démocratie et des pratiques politiques respectueuses des citoyens. Toutes deux seront ses chevaux de bataille, indispensables leviers pour ériger une communauté humaine et façonner son émancipation. Il n’aura de cesse d’en combattre la financiarisation.

La culture, l’éducation populaire, Jackie les a portées de toutes ses forces au sein du Comité d’entreprise dans lequel il a tant œuvré au service des salariés d’EDF avant d’être élu à la culture de 2008 à 2014 au sein de mon équipe.

Jackie Chérin aura été un véritable combattant de la pensée, à l’entreprise comme dans la cité. Il co-présidera avec notre amie Consuelo Fernandez le Lab’, ce Laboratoire d’Actions Bezonnaises où se mêlent de nombreuses initiatives de réflexions… car son engagement d’humaniste reposait sur ses convictions fortes en matière de justice sociale et de liberté des peuples.

La diversité des sujets de débats qu’il animera donne la mesure de l’homme de culture et d’ouverture qu’il était, toujours curieux de partager les connaissances et d’apprendre encore et encore.

Front populaire, Jaurès, l’école, notre protection sociale, et bien sûr la poésie ! C'est ainsi que le 16 mai dernier - il y a un peu plus d’un mois - il apportait encore toute son expérience et son enthousiasme pour célébrer Prévert au bistrot du TPE. Ce n'est donc pas un hasard si Jackie partageait la présidence du Lab’ avec Consuelo Fernandez.

Fidèle à ses convictions de militant communiste, il a toujours eu le souci d’associer, de rassembler, pour construire une société plus juste. Une société qui donne à chaque être humain la possibilité de se réaliser et de s'épanouir pleinement, tant dans son travail que dans ses loisirs.

Il était de tous les combats. De tous nos combats.

Et dans ce domaine, vous me permettrez de citer l’un de ses auteurs préférés, René Char : « L’inaccompli bourdonne d’essentiel.»

Dans le cadre de son mandat d’élu à la culture, nous gardons toutes et tous en mémoire son engagement dans la modernisation de notre médiathèque Maupassant, le développement des activités de notre théâtre Paul Eluard et de notre école de musique François Doerflinger.

Il aura été à l’origine de la création de Ciné Poème avec Jean-Pierre Siméon, ce festival de courts métrages qui unit cinéma et poésie. Cette manifestation culturelle, l’une des plus prestigieuses de notre ville, sera présidée par les artistes qu’ils ont, Jean-Pierre et lui, personnellement côtoyés et défendus dans l’expression de leur art, des décennies durant. Je pense à Laurent Terzieff, Robin Renucci, Pierre Etaix, Brigitte Fossey, Jacques Bonnaffé, Frédéric Pierrot, André Velter et tant d’autres…

Ernest-Pignon Ernest, notre ami commun nous aura, grâce à Jackie, honoré de sa présence comme artiste d’honneur de Rev’Arts, cette remarquable biennale qui rassemble nombre d’artistes locaux autour des arts plastiques.

La sensibilité de Jackie n’était jamais empreinte de tristesse. Elle était toujours fraternelle, amicale, cordiale, constructive et pour cela, il savait que plus on est, mieux c’est !

Qui a côtoyé Jackie en public ou en privé sait combien il aimait à citer des phrases, des mots d’auteurs. René Char, Mahmoud Darwich, Jacques Prévert et Aragon nourrissaient l’expression de sa pensée.

Qui a côtoyé Jackie se souviendra longtemps de son élégante silhouette : chapeau, écharpe. Et toujours un badge-message au revers de sa veste portant de nobles causes ou dénonçant des injustices. Notre Aristide Bruant à nous en quelque sorte !

Qui a côtoyé Jackie se souviendra aussi de ses coups de gueule pour contester tel prix octroyé ou refusé à un film. Ou bien encore, Jackie nous réprimandant parce que vous n’étions pas allés voir une représentation, une séance, une exposition ou encore une conférence…

Ses cinémas à lui, c’étaient Les écrans Eluard de notre TPE, où l’on ne compte plus le nombre de séances de ciné-débats qu’il a pu animer et puis Le Balzac, deux petites salles Art et Essai, indépendantes, qui survivent dans une petite rue, juste à côté des Champs-Elysées.

Il n’y a pas encore très longtemps, en mai dernier, il m’avait quasiment adjuré de me rendre au TPE pour écouter Philippe Torreton célébrant le poète Alain Le Prest. Et puis, je me souviendrai longtemps de ses mots émus et sincères lorsque nous avons appris la disparition du grand, très grand Pierre Etaix, en octobre dernier.

Réalisateur, acteur, clown, dessinateur, affichiste et dramaturge français, Pierre Etaix avait honoré de sa présence notre festival Ciné Poème en juin 2014. Et la venue de Pierre, nous la devions à Jackie ! Il était sur tous les fronts de la culture.

Et là où il y avait Jackie, il y avait Monique… Bien évidemment, chers tous, j’ai conscience de n’avoir pas tout dit de lui, mais il nous laisse de beaux cadeaux de culture. A vous Monique et Anne dont je connais la douleur, à ses petits-enfants qu’il aimait tant, à toute la famille, à tous ses amis et camarades je veux dire notre vive affection et notre présence fidèle.

Comme vous, nous avons aimé cet homme et nous lui devons de belles choses. Notre héritage est aussi le sien et nous le défendrons.

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