assises du logement 2010
Le 29 janvier prochain, la ville organise des assises du logement. Parce que la crise dans ce secteur touche particulièrement les demandeurs de logements sociaux.
Là où il faudrait construire 300 000
logements, seuls 80 000 sortent de terre. Et beaucoup de
villes, souvent de droite, refusent de construire ces logements
sociaux qui font défaut et qui leur sont imposés par la loi. En
conséquence, les 150 logements construits chaque année à Bezons
depuis 25 ans ne suffisent pas. Les demandeurs en attendent
sont passés de 700 à 1 400 demandeurs à Bezons; 50 % des
1 800 logements qui verront le jour dans les années à venir
seront dans le parc social mais ce ne sera qu’une petite
bouffée d’oxygène.
Débattre et agir pour le
logement
À la suite de quatre réunions préparatoires dans les quartiers et
avec les demandeurs de logements, qui se seront déroulées en
décembre et janvier à Bezons, les assises permettront aux
participants d’échanger avec des élus, des partenaires et des
experts. Les thèmes abordés seront les nouvelles lois Molle (ou
Boutin) et Dalo et leurs conséquences, la situation du logement en
France, les solutions pour permettre un toit pour tous.
« La question du logement est devenue un enjeu majeur dans
notre société. Elle est incontournable parce qu’elle façonne
nos choix de vie et conditionne souvent l’accès à
l’emploi, à la réussite scolaire. Elle contribue à
l’harmonie de la vie familiale », souligne Dominique
Lesparre. Les assises seront aussi l’occasion pour les
participants d’agir en demandant l’abrogation de la loi
Boutin par la signature d’une pétition, de s’engager
dans un collectif du logement sur Bezons et de participer à des
actions aux côtés de la municipalité. Participer aux assises,
c’est donc prendre le parti de la justice sociale.
Un contexte social
alarmant
Les dépenses liées au logement sont devenues le principal poste
budgétaire des ménages. Elles représentent en moyenne 25,4 % du
budget, chiffre jamais atteint. Pour les familles les plus
modestes, elles peuvent représenter jusqu’à 50 %. Dans le
parc HLM, alors que 23 % des locataires étaient considérés comme
« pauvres » en 1984, ils sont désormais 35 %. Les délais
d'attente pour les logements sociaux sont de plus en plus longs. À
Bezons, malgré le parc de 38 % de logements sociaux et la
construction de 150 logements par an depuis 25 ans, le service
habitat enregistre 1 400 demandes de logements en 2009, chiffre qui
a doublé en deux ans.
6 000 logements manquants dans le
Val-d’Oise
La ville de Bezons entend continuer son effort et entreprend de
construire 1 716 logements dans les six ans à venir. « Nous
avons fait le choix de la ville pour tous, ce qui est loin d'être
le cas dans toutes les communes. », précise Dominique
Lesparre, maire de Bezons. Les obligations de construction de
logements sociaux ne sont pas souvent respectées. Dans le
Val-d’Oise par exemple, vingt-six communes n’appliquent
pas la loi SRU qui fixe à au moins 20 % de logements
sociaux dans les villes de plus de 3 500 habitants. Cependant,
elles ne subissent quasiment aucune sanction de l’État.
Parallèlement, le préfet impose les directives de l'État en
direction des villes qui favorisent le logement social. En effet,
ils leur imposent des relogements de familles sans tenir compte ni
de l’ancienneté de leur demande, ni de leur présence sur le
territoire.