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Mairie de Bezons
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Avortement et contraception

Une conquête de femmes
Madeleine Olgiati, Bezonnaise de toujours, a eu une enfance imprégnée de l’ambiance du café de son oncle, dans le quartier du Pont. Elle a, durant sa vie, engrangé un tas de souvenirs sur les conditions de vie des femmes et leur lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement.

Quels étaient les rapports hommes,
femmes à votre époque ?


Mon grand-père avait une grande influence sur ses trois filles, dont maman. Elles étaient assez soumises et ne faisaient rien sans son avis. Ma mère, étant veuve, vivait chez mon oncle et ma tante qui tenaient un café à Bezons. Mon grandpère vivait avec nous.
Mais il y avait une solidarité entre femmes. Maman et sa soeur se soutenaient. Je faisais bloc avec la mienne pour faire ce qui était interdit. Lorsqu’elle a eu un chéri, on disait qu’on allait au cinéma. J’y allais et elle se baladait avec son amoureux. Le soir, je racontais le film. Le Bezons Palace était rempli d’amoureux qui se béco-taient. On retrouvait ces mêmes scènes dans le métro.

Parlait-on de sexualité dans les familles ?

Les familles ne parlaient pas de sexualité, mais transmettaient les interdits sexuels. On appelait alors les jeunes femmes qui avaient un enfant sans être mariées, "des filles-mères", "elles avaient fauté". Pour une jeune fille, la principale crainte était de "tomber" enceinte, de faire honte à ses parents et d’être "fichue dehors".
La seule contraception était l’absence de rapports sexuels. Mais plus le temps passe, plus le désir devient important.Au bout d’un moment, les jeunes filles et les jeunes hommes franchissaient le pas. L’avortement était très présent, même s’il était puni par la loi. Une même femme pouvait avorter cinq à six fois. C’était très lourd à porter. Les femmes se débrouillaient, entre elles, avec les moyens du bord comme, par exemple, des aiguilles à tricoter.
Beaucoup mourraient suite à des infections. Il y avait aussi les "faiseuses d’anges" aux méthodes plus efficaces, mais qu’il fallait monnayer.





Autres extraits...
Second extrait
Troisième extrait
Et la conquête du droit à la contraception et à l’IVG ?

Mai 68 a été un mouvement très important pour l’émancipation des femmes : les étudiants se sentaient étouffés par le système éducatif, les nondits, une morale étriquée. Le monde ouvrier s’y est mis, les femmes aussi. C’était un bouillonnement extraordinaire, un cri, une libération. Je me souviens aussi de ces femmes célèbres qui ont déclaré, publiquement, s’être faites avortées. C’était un mouvement difficile mais formidable.
Certains débats et articles dans la presse me révulsaient. Il s’agissait encore une fois de culpabiliser les femmes : la pilule donnait des cancers, était contre nature. Quelques rares hommes, à l’assemblée nationale, soutenaient le mouvement féministe. Le droit à l’avortement et les méthodes contraceptives, y compris la pilule du lendemain, représentent une liberté essentielle pour les femmes. Il ne faut pas revenir dessus. Mais, pour moi, l’avortement n’est pas un moyen de contraception, c’est un acte exceptionnel. Il est donc essentiel que les jeunes soient véritablement informés sur les moyens de contraception et la sexualité. Ce n’est pas toujours le cas.
Des femmes de la génération de ma fille – elle a 38 ans – ne se rendent pas compte de l’énorme révolution qui est alors intervenue.
Les femmes ont, selon moi, acquis beaucoup de droits, mais il reste encore des progrès à faire, notamment concernant leur représentation dans la vie politique.

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