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Quels
étaient les rapports hommes,
femmes à votre époque ? Mon grand-père avait une grande influence sur ses trois filles, dont maman. Elles étaient assez soumises et ne faisaient rien sans son avis. Ma mère, étant veuve, vivait chez mon oncle et ma tante qui tenaient un café à Bezons. Mon grandpère vivait avec nous. Mais il y avait une solidarité entre femmes. Maman et sa soeur se soutenaient. Je faisais bloc avec la mienne pour faire ce qui était interdit. Lorsqu’elle a eu un chéri, on disait qu’on allait au cinéma. J’y allais et elle se baladait avec son amoureux. Le soir, je racontais le film. Le Bezons Palace était rempli d’amoureux qui se béco-taient. On retrouvait ces mêmes scènes dans le métro. Parlait-on de sexualité dans les familles ? Les familles ne parlaient pas de sexualité, mais transmettaient les interdits sexuels. On appelait alors les jeunes femmes qui avaient un enfant sans être mariées, "des filles-mères", "elles avaient fauté". Pour une jeune fille, la principale crainte était de "tomber" enceinte, de faire honte à ses parents et d’être "fichue dehors". La seule contraception était l’absence de rapports sexuels. Mais plus le temps passe, plus le désir devient important.Au bout d’un moment, les jeunes filles et les jeunes hommes franchissaient le pas. L’avortement était très présent, même s’il était puni par la loi. Une même femme pouvait avorter cinq à six fois. C’était très lourd à porter. Les femmes se débrouillaient, entre elles, avec les moyens du bord comme, par exemple, des aiguilles à tricoter. Beaucoup mourraient suite à des infections. Il y avait aussi les "faiseuses d’anges" aux méthodes plus efficaces, mais qu’il fallait monnayer. |
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Et la conquête du droit à la contraception et à
l’IVG ?