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Yves Poizac débarque en 1960 à Bezons :
"Mon père était chef du service
courrier chez la Mobil Oil, à Casablanca. Quand nous sommes revenus
en France, nous avons atterri à Bezons. Nous sommes restés dans un
hôtel pendant six mois. Puis, on est parti habiter à la cité de la
Paix."
Le jeune homme, alors âgé de 17 ans, se sent un peu perdu : "Je ne connaissais personne. Je suis allé voir l’abbé Philippe pour rencontrer, par son intermédiaire, d’autres personnes." Serveur, moniteur le prêtre lui trouve des petits boulots et lui permet de multiplier les rencontres. Jusqu’à ce fameux jour : "Je me suis rappelé qu’il y avait trois jeunes qui s’amusaient entre eux, rue des Frères-Bonneff. Il y en avait un qui jouait de la « gratte » à l’oreille, Alain Brunetti. Son père était un formidable guitariste de jazz ! Il y en avait deux autres, un qui adorait la basse et l’autre qui était guitariste accompagnateur. Mais aucun des deux n’avait d’instrument." Yves, lui, était déjà passionné par la chanson depuis son enfance : "J’ai découvert le chant grâce à ma professeur d’anglais, à Casablanca. La première fois, elle m’a fait chanter Holly Night (Douce Nuit). Après, j’ai toujours chanté dans la chorale. J’adorais Elvis Presley et John William ! Et puis, quand j’étais dans la marine, la chorale, c’était la combine pour éviter de faire les corvées, le dimanche !" En 1963, les quatre compères montent, avec les moyens du bord, un orchestre : "Le curé a loué les instruments et la salle. Et, plus tard, un jeune garçon est venu nous voir, il a tapé en rythme sur des cartons. On venait de trouver le batteur !" Les Blue Star ? "Nous avions choisi le nom des Blue Star, car je pensais que, comme nous n’étions pas riches, la couleur bleue, en référence au bleu de travail, nous correspondait bien. Alain, qui était électricien, avait dit que si nous mettions une cravate bleue sur une chemise blanche, avec l’éclairage, sur scène, ce serait très bien. On ne verrait plus que la cravate." Yves prend alors le pseudo de Willy Kiss : "J’ai choisi ce pseudo, car j’aimais beaucoup William Cody, alias Buffalo Bill, d’où le Willy, et Kiss, car c’est le baiser. Il fallait que ça sonne anglais ! Ensuite, pour faire comme les autres groupes, on a changé de nom pour devenir Willy Kiss et les Blue Star." Yves garde en mémoire de nombreux souvenirs de son épopée musicale avec les Blue Star : les nombreuses soirées passées à animer les quartiers de la ville, les agressions des blousons noirs, ou bien encore les messes de minuit endiablées : "Comme on marchait bien, le prêtre nous a laissé la faire en rock. Il n’y a jamais eu autant de monde à la messe de minuit !" Mais il se souvient surtout de la reconnaissance des Bezonnais : "Il y avait une fête au parc Sacco-et-Vanzetti, avec Daniel Gérard et son groupe les Alligators. À l’entracte, on est allés discuter avec lui. Il me demande si c’est nous l’orchestre de Bezons, je lui réponds par l’affirmative. Il remonte sur scène et demande à la foule si elle connaît l’orchestre de Bezons. Et la foule de répondre en hurlant : « les Blue Star ! » Il nous a alors laissés jouer pendant l’entracte." Aujourd’hui, Yves est un peu nostalgique de cette époque. "C’est dommage, j’ai perdu tout contact avec les membres du groupe. J’aimerais bien savoir ce qu’ils sont devenus !" |
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