Nuit du 7 au 8
juin 1936. Les accords Matignon sont signés entre le nouveau
président du Conseil, Léon Blum, et les syndicats patronaux et de
travailleurs. À cette époque où les conditions de travail sont
rudes et les vacances au mieux non-rémunérées, et le plus souvent
inexistantes, une mesure phare ressort de ces accords :
l’octroi de deux semaines de congés payés. C’est une
révolution culturelle qui s’installe dans le paysage social
français, y compris à Bezons.Arlette Daviau, arrivée en 1936 à Bezons, se remémore cette avancée sociale majeure. "Je me souviens de nos premiers congés. Mes parents partaient en vacances huit jours, souvent en train. En général, s’ils allaient voir la famille, j’allais avec eux. Sinon, ils partaient seuls. Ils m’envoyaient, chaque année, en autocar au centre de vacances municipal de La Luzière, dans le Loiret." |
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Manuel Laumonnier se souvient, lui aussi. A l’époque, il avait 16 ans et vivait depuis 14 ans à Bezons. "Avant, le patronat n’accordait que des congés non rémunérés quand ça l’arrangeait, quand la charge de travail était moins importante. En 1936, grâce aux congés payés, de nombreux travailleurs ont pu pour la première fois se payer des vacances, sans avoir peur des restrictions d’argent. Moi aussi, à cette occasion, j’ai pris mes premières vacances." Il témoigne. "A cette époque, la mode était de partir sur les routes, en vélo ou en tandem. Avec des copains, nous allions faire de grandes balades. Nous allions vers Beauvais, Compiègne ou Étampes. Nous faisions des étapes de quinze ou vingt kilomètres, et nous nous arrêtions pour dormir là où nous pouvions. C’était le début des Auberges de jeunesse. Il nous est arrivé quelques fois d’y dormir." Il retient surtout les changements profonds dans les modes de vie. "Pour beaucoup, les vacances étaient un moyen de se reposer, mais également un moyen de s’instruire, en lisant et en découvrant de nouvelles choses. J’ai connu beaucoup de personnes qui, à cette occasion, ont vu pour la première fois la mer. Les congés payés ont vraiment permis de vivre d’une autre manière. Ils ont donné beaucoup d’espoir aux gens !"
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